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Abu Dhabi augmente de 46% son exposition au Bitcoin

Abu Dhabi augmente de 46% son exposition au Bitcoin

Les risques physiques, la dilution des bilans et les chocs fiscaux ravivent la vigilance

Sur r/CryptoCurrency aujourd'hui, les discussions se cristallisent autour de trois lignes de force: la matérialisation brutale des risques physiques liés à la richesse en cryptomonnaies, la marche résolue des institutions vers le BTC malgré des bilans chahutés, et le contraste entre promesses commerciales et secousses réglementaires. Le fil des conversations révèle une communauté partagée entre fascination, vigilance et pragmatisme.

Violence ciblée et culture de la discrétion

La communauté a été secouée par les révélations sur l'enlèvement et l'assassinat du fraudeur Roman Novak et de sa femme près de Dubaï, un fait divers que beaucoup ont découvert via un récit glaçant sur les portefeuilles vidés sous la torture, porté par un fil très relayé. Au-delà de l'horreur, l'échange met en lumière un risque concret: lorsque la richesse crypto devient visible, elle attire des réseaux criminels prêts à passer au “clé à molette”.

"Voici le visage le plus laid de la richesse en cryptomonnaies devenue visible. Dans les pays où les intrusions domiciliaires sont courantes, exhiber ses gains revient à se peindre une cible sur le dos. Portefeuilles matériels avec déni plausible et ne révéler à personne l'ampleur de ses avoirs: c'est la base de la sécurité opérationnelle."- u/GPThought (13 points)

Cette exigence de discrétion est réaffirmée par une synthèse selon laquelle la France serait devenue l'épicentre des enlèvements liés aux cryptomonnaies en début d'année, détaillée dans un billet très commenté. Dans ce contexte, l'ostentation — comme l'achat à 16 millions d'une carte Pokémon tokenisée — nourrit le débat: la visibilité publique d'actifs numériques rarissimes peut devenir un risque en soi.

Institutions à l'offensive, bilans sous tension

Du côté des trésoreries cotées, la conviction ne faiblit pas: la société Strategy a confirmé son appétit en annoncant une nouvelle acquisition de 2 486 BTC, pendant qu'un débat nourri s'est ouvert sur sa capacité à encaisser un choc de marché et, surtout, à supporter la dilution liée aux levées de fonds. Ici, la question n'est pas seulement le prix du BTC, mais la soutenabilité d'un modèle de financement en actions et en convertibles face à des alternatives comme les fonds indiciels cotés.

"Non, ils ne tiendront pas. Leur action s'effondrera et personne ne leur prêtera pour refinancer la dette, car elle dépasse la valeur de l'entreprise. Le titre de Saylor n'est plus qu'un pari BTC à effet de levier, et il est nerveux. J'espère que l'entreprise échouera pour que le BTC retrouve sa vocation initiale."- u/bgrimes5 (63 points)

À l'inverse, les capitaux souverains avancent par gros blocs: Abu Dhabi, via son fonds Mubadala, a augmenté de 46% sa position dans le principal fonds indiciel adossé au BTC, signalant une lecture long terme malgré la volatilité. En Asie, Metaplanet incarne l'option “tout BTC” avec un bond de 738% des revenus tirés à 95% d'opérations liées au BTC, mais une lourde perte nette comptable qui rappelle que les normes d'évaluation peuvent transformer l'alpha en charge bilancielle.

Promesses du paiement, réalités du marché et du fisc

Sur le terrain, les annonces d'adoption suscitent autant d'enthousiasme que de scepticisme. L'enseigne Steak 'n Shake affirme une forte progression après l'acceptation des paiements en BTC, mais la communauté réclame des chiffres audités plutôt que des slogans.

"Faut-il vraiment repartager cela ? Il n'y a aucune preuve, c'est du discours marketing sans chiffres pour l'étayer."- u/setokaiba22 (11 points)

Dans le même souffle, l'industrie affronte des secousses: Gemini annonce un départ simultané de trois dirigeants quelques mois après son offre publique initiale, tandis qu'aux Pays-Bas, un débat houleux s'ouvre sur un prélèvement à 36% des gains non réalisés sur les actifs financiers, crypto comprise. Entre comptes de résultat, régulation fiscale et communication commerciale, le fil du jour rappelle que l'adoption ne se décrète pas: elle se prouve.

L'innovation naît dans toutes les discussions collectives. - Karim Charbonnier

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